Activision · 1991 · Paul Holmes / Martin Walker

Hunter : de la disquette au remake

En 1991, Hunter offrait sur Amiga un archipel entier en 3D, où l'on pouvait aller partout à pied, en voiture, en bateau ou en hélicoptère. Ce site raconte comment le jeu a été démonté à partir de sa seule disquette, porté à l'identique sur les machines d'aujourd'hui, puis refait en version photoréaliste. Les règles restent celles de l'original.

Remake : Premier fort
Amiga : Premier fort
Amiga 1991Remake 2026

Le premier fort ennemi est détruit, sous le feu de ses défenses.

En quelques chiffres

880 Ko
une disquette ADF, seule source de départ
≈ 12 600
instructions 68000 désassemblées, en 480 routines
1000/1000
images 3D identiques au pixel près entre l'original et le portage
≈ 2 jours
de la disquette au portage Godot complet, vérifié contre l'original
≈ 4 jours
pour le remake Unreal, jusqu'à la mission réussie et filmée
3 × 15/15
la mission Action réussie sur les trois versions par le même bot

Le parcours, étape par étape

Chaque étape s'appuie sur la précédente. Le portage n'est jamais deviné : il est vérifié contre le jeu d'origine qui tourne en parallèle. Le remake reprend ses valeurs telles quelles.

18/10/2026 · point de départ

La disquette

Tout part d'une image de disquette Amiga (ADF) de 880 Ko : une version de 1991 crackée par Fairlight. Le jeu n'utilise pas le système de fichiers d'AmigaDOS. Il a son propre chargeur, qui lit 10 secteurs par piste, et sa propre table de fichiers cachée dans le programme.

  • Lecture de la chaîne de démarrage : bootblock, intro du crack, menu de triche, puis le jeu, chargé en mémoire et relogé.
  • 16 fichiers retrouvés : programme, modèles 3D (197 objets), musique, sons, images, table de sinus et les trois mondes du jeu. Deux d'entre eux ont été écrasés par le crack et ne servent plus.
  • Extraction en fichiers bruts et en images (écran de chargement, tableau de bord, magasin).
ADF MFM IFF ILBM
18/10/2026 · outil d'étude

Une machine d'analyse

Pour comprendre un programme, rien ne vaut le regarder tourner. Un Amiga reconstitué pour l'étude fait démarrer le jeu original, avec son titre, son menu et sa démo. Il sert d'oracle tout au long du projet : on peut l'arrêter à n'importe quelle instruction, photographier toute sa mémoire et comparer.

  • Captures de la mémoire à l'entrée de n'importe quelle routine, en pleine partie.
  • Le jeu original peut être joué par un programme : c'est là que le bot fera sa partie de référence.
68000 Unicorn Python
18/10/2026 · rétro-ingénierie

Le désassemblage

Le programme est désassemblé puis lu routine par routine : environ 12 600 instructions en 480 routines. Les formats du jeu sont décodés un à un.

  • Les modèles 3D : sommets, arêtes, faces et pièces animées.
  • La génération de l'archipel et le relief.
  • Les palettes et l'affichage.
  • Les entités : véhicules, soldats, animaux, bâtiments.
  • L'IA, les dégâts, les crédits, les dialogues, les menus et la sauvegarde.

Le jeu se sert très peu des puces de l'Amiga : la 3D est remplie par le processeur seul. Le rasteriseur se modifie lui-même pour choisir sa routine de remplissage.

désassemblage graphe d'appels formats
18–19/10/2026 · ≈ 2 jours · Godot 4.7.2

Le portage, vérifié contre l'original

La logique est réécrite en GDScript, routine par routine, sans émuler les puces de l'Amiga. Chaque morceau est comparé au code d'origine exécuté sur les mêmes données.

  • Rasteriseur : 1000 cas sur 1000 identiques au pixel près.
  • Relief et sol : 80 sur 80.
  • Scène extérieure complète : identique sur 42 états de la démo.
  • Partie complète : la mémoire entière est comparée à l'original à chaque point de contrôle, du démarrage jusqu'au bilan et aux sauvegardes.
  • Le rendu garde l'image indexée de 320 × 200 en 16 couleurs, les palettes et les fichiers de données d'origine.
  • La musique de Martin Walker est rejouée par ses séquenceurs réécrits, avec les échantillons d'origine.
  • Exports Windows, Linux et Android, avec commandes tactiles.
GDScript Windows Linux Android
21–23/10/2026 · preuve par le jeu

Un bot qui finit la mission

Un même « cerveau » joue la mission Action : détruire 6 dépôts de carburant, 4 radars, 4 forts et le QG ennemi, puis rentrer au QG allié.

  • Sur le jeu original, il décide en direct. Sa partie de référence réussit les 15 objectifs : bilan, médaille, promotion au grade de sergent.
  • Le portage Godot rejoue la même partie touche pour touche, avec le même déroulé et le même bilan.
  • Sur le remake, le même bot joue par une connexion réseau. Il s'adapte à la physique réelle : bombes balistiques, voiture qui ne tourne pas sur place, hélicoptères qui tiennent leur altitude.
IA de jeu rejeu vidéos
20–23/10/2026 · ≈ 4 jours · Unreal Engine 5.8

Coque moderne, âme d'origine

Le remake reprend les règles et les valeurs de l'original : carte, vitesses, réservoirs, résistances, dégâts, crédits, durées, dialogues et missions. Il les met en œuvre avec les outils du moteur.

  • Rendu photoréaliste : éclairage global avec ray tracing (Lumen), géométrie Nanite, mer animée avec écume et bancs de poissons, végétation et souffle des rotors.
  • Modèles réalistes à taille réelle, issus de Fab et de Megascans ou construits pour le projet.
  • L'héroïne est un personnage MetaHuman, une baroudeuse sac au dos.
  • Vraie physique : collisions, troncs solides, bateaux qui doivent flotter entiers, marche arrière.
  • Interface redessinée qui garde l'agencement du pupitre d'origine.
  • Caméra qui contourne les obstacles au lieu de se coller au personnage.
  • Jeu empaqueté pour Linux.
Unreal 5.8.3 Lumen RT MetaHuman Linux

Les trois versions jouent la même mission : comparez-les côte à côte en vidéo, et image par image aux moments clés.

Voir les trois versions